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Foire aux questions

L'aphasie et la rééducation

12h18 15/05/2018,

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Voici quelques informations à connaître si on est concerné par l'aphasie

1. La récupération


La récupération varie en fonction de divers facteurs dont les principaux sont :

  • L’étendue et la cause de la lésion cérébrale

  • La présence ou l’absence de troubles associés (une hémiplégie partielle)

  • La motivation et la volonté du patient
Certaines personnes aphasiques récupèrent quasi totalement leur capacité de communiquer, alors que d’autres peuvent rester très handicapées. Le niveau de récupération diffère considérablement d’un individu à l’autre. C’est pourquoi il vaut mieux éviter les comparaisons entre les personnes aphasiques.
On peut observer, en cours de rééducation, des « plateaux » de récupération, c’est-à- dire des périodes plus ou moins longues pendant lesquelles la personne aphasique ne semble plus faire de progrès.

2. Le diagnostic


L’orthophoniste est chargée de faire une évaluation détaillée de tous les aspects du langage afin de déterminer les difficultés mais aussi les capacités résiduelles, l’orthophoniste va se baser sur l’examen initial et ensuite élaborer un plan de rééducation adapté à chaque aphasique.

3. L'avant réeducation


A. Accès et motivation à la rééducation


Il est important que l’orthophoniste examine l’aphasique le plus vite possible et commence un travail régulier dès que son état général le permet. Cela contribue à prévenir l’installation de mauvaises habitudes de communication.

Si la personne aphasique n’est pas motivée pour suivre une rééducation, il ne faut pas l’obliger à en suivre dans un premier temps car rien ne peut remplacer sa motivation.

La personne aphasique, qui choisit de suivre une rééducation, va faire peut faire des progrès surtout dans les premiers mois suivant l’installation de l’aphasie. mais même plusieurs années après, il est possible de constater des progrès en reprenant le travail des exercices même après l’arrêt des thérapies en orthophonie si l’entourage de l’aphasique continue à le stimuler.

B. Types, Formes et Habitudes de langage de la personne aphasique


La rééducation doit tenir compte des types et des formes du langage, ainsi que des habitudes de langage antérieures de l’individu. Avait-il tendance à parler peu, ou beaucoup ? Parlait-il plusieurs langues ? Avait-il l’habitude de lire, d’écrire ? Quel est son niveau de scolarité ? Quels sont ses champs d’intérêts et ses activités (travail, loisirs) ?

Les réponses à ces questions sont importantes, car la rééducation a pour but d’aider l’individu à retrouver le langage qu’il utilisait auparavant.

-On retrouve comme « type de langage »:

Le langage automatique

Est celui qui surgit sous le coup d’une émotion ou d’un besoin, incluant les jurons
Il comprend aussi ce qu’on a appris par cœur, comme nommer les jours de la semaine, compter, réciter l’alphabet et des prières.

Le langage volontaire

Est celui qui est réfléchi ; il demande qu’on choisisse les mots et qu’on les organise en phrases pour transmettre un message
Ce message peut être simple (ex.: « Passe-moi le sel! »), ou complexe et abstrait (opinions, récits, explications).

-On peut distinguer 3 « formes de langage »:

Orale        |        Ecrite        |        Gestuelle        

Chacune d’elles comporte un aspect expressif (parler, écrire, faire des gestes) et un aspect réceptif (comprendre des messages oraux, écrits ou gestuels).

L’aphasie touche habituellement ces formes du langage à des degrés différents. Ainsi, la compréhension du langage parlé peut être supérieure à celle du langage écrit et la capacité d’écrire est souvent plus atteinte que la capacité de parler.

Comme toutes ces formes ne sont pas nécessairement atteintes au même degré, il est souhaitable d’en tenir compte dans le déroulement de la rééducation. On peut débuter par ce qui est le mieux préservé pour le stabiliser et le consolider ou, inversement, tenter d’améliorer d’abord les formes les plus touchées.

L’orthophoniste planifie et adapte les activités de rééducation en fonction des besoins de la personne aphasique, de ses habitudes de vie et de son niveau de récupération. On peut dès lors comprendre qu’il n’y a pas de recette universelle pour la rééducation des personnes aphasiques.

4. La rééducation de l’expression orale / du langage parlé


Quand la personne aphasique ne parle plus, on croit souvent à tort qu’elle devra réapprendre à parler, à lire et à écrire, lettre par lettre ou mot par mot, comme l’enfant le fait à l’école. Tel n’est pas le cas car, en rééducation, l’orthophoniste tente, par divers moyens, de rétablir une communication fonctionnelle, c’est-à-dire un langage qui se rapproche le plus possible de celui que la personne aphasique utilisait auparavant.
Ainsi, l’orthophoniste encourage la production d’expressions familières associées à des situations quotidiennes: «Bonne nuit! », «De l’eau! », etc.

A. En présence d’un trouble d’articulation (trouble arthrique)


l’orthophoniste peut travailler chacun des sons déformés au moyen d’exercices systématiques de répétition ou de lecture à voix haute. Il sera parfois nécessaire de commencer par des exercices prélinguistiques, comme des mouvements de la bouche, de la langue et des lèvres.Dans le cas du manque du mot par exemple avec une aphasie de Borca, les exercices visent à nommer des personnes, des objets et des actions. Au début du traitement, l’orthophoniste fournit de nombreuses facilitations (images, gestes, début du mot ou phrases à compléter), qui seront réduites au fur et à mesure que la personne aphasique recouvre son vocabulaire.
Il est inutile de faire répéter plusieurs fois le mot retrouvé en espérant que la personne s’en souvienne mieux. Le temps aidant, les mots seront retrouvés de plus en plus souvent par une simple association avec un objet ou avec la situation en cours.

C. Aphasie de Wernicke


A l’inverse, la personne avec une aphasie de Wernicke parle abondamment et se trompe de mot souvent sans en être conscient. Il est nécessaire de l’interrompre pour obtenir son attention et lui permettre de se concentrer, afin qu’il reconnaisse graduellement ses erreurs. Par la suite, l’orthophoniste utilisera divers moyens pour aider le patient à corriger ses erreurs et pour lui faire dire les mots attendus.

Quel que soit le problème expressif de la personne aphasique, il ne faut pas lui demander une production parfaite, ni toujours exiger d’elle la bonne réponse, particulièrement dans les premiers temps de la rééducation. Au contraire, il est important de l’encourager à essayer et réessayer, et de la féliciter pour ses efforts, même si la réponse demeure imparfaite.

5. La rééducation de la compréhension orale


Nous avons déjà mentionné que l’aphasie peut aussi entraîner des troubles de la compréhension. Ces troubles portent sur la compréhension du langage et non sur les situations ou sur les événements qui surviennent.
Il peut arriver que la personne aphasique saisisse quelques mots ici et là; le contexte, les mimiques et l’intonation l’aident à deviner le reste.

Soulignons que le problème de compréhension n’est pas un problème de surdité. La personne aphasique ne saisit pas le sens des mots ou ne les retient pas, même si elle entend bien. Dans certains cas plus sévères, ce phénomène peut aller jusqu’à lui donner l’impression qu’on lui parle dans une langue étrangère.

La compréhension peut aussi varier selon les situations. Ainsi, pour que la personne aphasique comprenne mieux ce qu’on lui dit, on doit:

✔ Lui parler lentement

✔ Faire des phrases courtes

✔ Utiliser des mots familiers

✔ Choisir des sujets qui l’intéressent

sans pour autant lui parler comme à un enfant .
L’orthophoniste prend en compte tous les facteurs décrits précédemment dans la rééducation.

6. La rééducation de l’expression écrite


Réapprendre à écrire pour une personne aphasique est souvent ardudifficile.Il ne faut pas s’attendre à ce que la personne aphasique écrive ce qu’elle ne peut pas dire à voix haute car, dans bien des cas, la personne aphasique qui n’arrive pas à parler éprouve également de la difficulté à s’exprimer par écrit.
On doit malgré tout l’encourager à écrire. L’orthophoniste n’accorde pas plus d’importance à la langue écrite qu’elle n’en avait avant l’apparition de l’aphasie, mais elle utilise ce mode d’expression pour faciliter la rééducation du langage parlé.
Par ailleurs, il arrive que l’aphasie touche presque exclusivement le langage écrit. Dans ce cas, la rééducation mettra l’accent sur cet aspect du langage. On fera de même pour les personnes qui accordent beaucoup d’importance à l’écrit.

Dès le début de la rééducation, on incite la personne aphasique à écrire ou à copier des mots très courants tels son nom, son adresse, le nom de ses proches, les jours de la semaine, les chiffres, la date, etc.

7. La rééducation de la compréhension du langage écrit


Certaines personnes aphasiques peuvent éprouver des difficultés à comprendre ce qu’elles lisent, même si elles peuvent lire à voix haute. À l’inverse, d’autres comprennent le sens de ce qu’elles lisent, même si la lecture à voix haute est perturbée.

Dans certains cas, des mots familiers et concrets sont reconnus et compris, alors que la phrase qui les contient ne l’est pas. Dans d’autres cas, la phrase favorise une meilleure compréhension d’un mot grâce aux indices fournis par les autres mots.

En rééducation, l’orthophoniste commence à travailler la compréhension du langage écrit avec des mots simples et concrets, ou encore avec de courtes phrases, selon les cas. Par la suite, elle utilise des phrases plus longues et plus complexes et, éventuellement, des paragraphes et de courts textes.

Plusieurs personnes aphasiques disent avoir des difficultés à se concentrer sur un texte ou à retenir ce qu’elles lisent. Ces problèmes diminuent évidemment leur intérêt pour la lecture, puisqu’elles doivent souvent revenir sur ce qu’elles ont lu.

La compréhension du langage écrit, comme celle du langage parlé, est rarement complètement perdue. Ainsi, plusieurs personnes aphasiques regardent le journal chaque jour même si elles ont des difficultés à comprendre ce qu’elles lisent. Elles peuvent reconnaître les titres, certains mots familiers et ceux écrits en gros caractères. Les photos les aident également à se faire une idée du contenu des articles.

Conclusion


Le suivi et l’orientation des exercices de rééducation par un(e) orthophoniste est cruciale. Cependant, elle n’est pas toujours facilement possible de manière soutenue dans des zones éloignées d’un professionnel. Aujourd’hui il existe une nécessité de créer des outils qui permettraient une rééducation plus continue et autonome du patient.

C’est pourquoi, nous travaillons en coopération avec des orthophonistes pour créer un outil leur permettant de créer les exercices adaptés au patient dans l’application Vocalyx : pour pouvoir s’exercer à la maison et avoir un suivi à distance de l’orthophoniste.